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The L Café

Et si c’était niais ?, de Pascal Fioretto

10 Juillet 2009, 16:02pm

Publié par L

Présentation de l'éditeur :
Printemps 2007. Alors que la rentrée littéraire approche, Christine Anxiot n'a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son éditeur déclenche une enquête sur l'inexplicable disparition, mais les enlèvements d'écrivains continuent. Dans les milieux feutrés de l'édition s'engage alors une impitoyable chasse à l'homme de lettres...
Pour réaliser ce polar plein de rebondissements, les plus grands noms de la littérature française se sont passé la plume en rédigeant chacun un chapitre : Denis-Henri Lévy, Barbés Vertigo / Christine Anxiot. Pourquoi moi ? / Fred Wargas, Tais-toi si tu veux parler / Marc Levis, Et si c'était niais ? / Mélanie Notlong, hygiène du tube (et tout le tremblement) / Pascal Servan, Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome. XXII) / Bernard Werbeux, Des fourmis et des anges / Jean d'Ormissemon (de la française Académie), C'était rudement bath' / Jean-Christophe Rangé, Les limbes pourpres du concile des loups / Frédéric Beisbéger, 64 % (Soixante-quatre pour cent)/ Anna Galvauda. Quelqu'un m'attend, c'est tout.


Fioretto s'amuse. Pour cette rentrée littéraire, il a décidé de donner vie à un fantasme d'éditeur, de rendre possible le rêve de beaucoup de lecteurs : un roman dont chaque chapitre serait écrit par l'un des plus gros vendeurs français actuel, ou plutôt leurs alter ego. Dans ce cadavre exquis "idéal", Marc Lévy côtoie Amélie Nothomb, Christine Angot succède à BHL et Bernard Werber précède Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder, Jean d'Ormesson ou Anna Gavalda.
Prétextant une enquête policière, Fioretto se livre à un formidable pastiche de tous ces auteurs. Chaque nouveau chapitre correspond à un changement de style. Avec une vraie finesse et, mine de rien, un beau talent de pasticheur, le pensionnaire de Fluide Glacial se mue tour à tour en une douzaine d'écrivains, caricaturant leur style, insistant sur leurs tics littéraires, mimant leurs petites habitudes, parodiant leur ambiance et leur ton.
Les imitations d'Angot, Lévy ou Grangé sont absolument hilarantes, et Fioretto ne se contente pas de réutiliser des clichés, privilégiant un travail plus profond - sauf pour Pascal Sevran peut-être. La rapidité des chapitres et la variété des écritures permet de ne pas s'ennuyer ; les longueurs sont très rares pour ce genre d'exercice, souvent lassant au bout de quelques pages. Ici l'idée garde sa fraîcheur jusqu'à la fin, d'autant plus que l'intrigue farfelue, à peu près absurde, parvient étonnamment à accrocher le lecteur.
C'est sûr, ‘Et si c'était niais ?' est en course pour le titre honorifique de livre le plus drôle de cette rentrée 2007.


Mon avis
: J'ai pris ce livre par hasard en librairie. Un livre d'occasion, ce qui fait que ce n'est pas la fin du monde (en tout cas pour mon porte-monnaie) si il se révèle nul de chez nul.
Heureusement, cela n'a pas été le cas ici. J'avoue n'avoir pas lu les livres tous les auteurs pastichés ici (me sont inconnus : Jean Ormesson, Bernard-Henry Lévy, Fred Vargas et Pascal Sevran - cher fans de ces auteurs, ne me jetez pas la pierre, s'il vous plaît), mais ce n'était pas spécialement dérangeant, je me suis bien marrée quand même.
Chaque chapitre du livre correspond à un auteur et donc à son style d'écriture. Ainsi il est difficile de trop s'ennuyer, même si l'intrigue de fond ne casse pas des barreaux de chaise. Mon préféré serait sans doute celui consacré à Amélie Nothomb. J'aime beaucoup cette auteure (même si j'avoue volontiers qu'elle n'a pas sortie grand chose de transcendant ces dernières années - quoi que "Ni dEve ni d'Adam" l'an dernier n'était pas si mal) et s'en était que plus délirant. On regrette cependant que les quelques dialogues en japonais ne soient pas traduits en bas de pages (car même si ils sont incohérents au possible, quand on ne les comprend pas c'est moins drôle).
Le reste est bien vu, retranscrit avec finesse et sans lieux communs.
C'est drôle, on passe un bon moment à rire de ces auteurs à grands tirages, et ce sans prise de tête.


Extraits :

(Chapitre 1) Barbès Vertigo de Denis-Henri Lévy (DHL...) : "L'eau glacée sur mon visage finit de me ramener à la réalité (...) La terreur me fît lâcher le téléphone. Durant quelques secondes, je perdis la vista . Comme si l'effroi m'avait dépouillé à jamais de ma clairvoyance sur le monde, le sens de la vie et de l'histoire, le bien et le mal, le vrai et le faux, le laid et le beau, la droite et la gauche... Je me précipitai à tâtons dans la salle de bains et m'aspergeai à nouveau le visage. Peu à peu, serrant des deux mains le bord gluant du lavabo, je retrouvai mon calme et cette intelligence déductive qui m'avait si souvent hissé au-dessus de mon époque. Je commençai par la plus troublante des interrogations : Qui savait que j'étais là ? Je ne trouvai qu'une effarante réponse : Personne ! Je passai ensuite mentalement en revue la liste de mes ennemis possibles et les regroupai en quatre grandes catégories : les médiocres, les salauds, les jaloux et Florian Zeller."

(Chapitre 2) Pourquoi moi ? de Christine Anxiot : "J'ai beaucoup écrit. Lettre E. Ecrire comme on s'écrie. Crier comme on crie "hé!". Même encore, s'il faut. Vouloir. Avant, cétait tip, tap. Machine à ruban. Cling ! Fin de ligne. Touche enfoncée. Dans le trou. Au fond. Bien enfoncée. La touche. Et alors. Le ruban rouge qui montait. J'écrivais. Ecrit. Vaine. En rouge parfois. Je m'en rends bien compte. Pour l'emmerder. L'Editeur."

Commenter cet article

Cachou 10/07/2009 20:24

Je viens juste de bloquer sur un truc: Pascal Sevran? Il a écrit des bouquins?

Lulu 10/07/2009 23:28


Faut croire que oui...
*pianote sur le site de la Fnac* Mazette!!! Il en a même écrit une trentaine dit donc!!!


belledenuit 10/07/2009 17:58

Je l'ai eu entre les mains et finalement je l'ai reposé. Il me faudrait peut-être tenté cette lecture pendant cette période chaude où il faut ménager le cerveau