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The L Café

Alice au Pays des Merveilles & De l'autre côté du miroir, Lewis Caroll

15 Mai 2010, 02:45am

Publié par Lulu

Alice au pays des merveilles-de l'autre cote du miroirPrésentation de l'éditeur :
À la fois roman d'introspection et conte merveilleux, Alice au pays des merveilles est le récit, mené de bout en bout sur un rythme époustouflant, de l'intemporelle question de l'identité.

Enfant déroutante, naïve et réceptive jusqu'à l'extrême, Alice fait la rencontre d'une multitude de personnages improbables qui seront autant d'ouvertures sur un monde où le cadre spatio-temporel est bouleversé, où les repères linguistiques ne sont plus fiables, où la peur voisine avec le jeu.


Mon avis : L'avantage des adaptations au cinéma, c'est qu'elles sont l'excuse parfaite pour lire le roman éponyme. Cela faisait un moment que le serveuse voulait lire Alice au Pays des Merveilles, histoire de connaître la vraie histoire (et non la version Disney qu'elle connait depuis petite). Et puis ainsi on peut mieux repérer les erreurs de Tim Burton du réalisateur et des libertés prises sur le scénario.


Il existe une multitude d'éditions en tous genres pour ce récit, moi j'avais la Folio Classique. Je ne sais pas pour les autres mais en tous cas, celle-ci comprend les illustrations originelles de John Tenniel, une préface très intéressante de Jean Gattégno (une fois n'est pas coutume, j'ai lu la préface), et sans doute le plus important : des notes explicatives à la fin de l'ouvrage.

Bien souvent, les notes me gonflent (bien que je les lise toujours scrupuleusement), car allez chercher des infos à la fin du bouquin vous coupe dans le récit et on oublie vite où on en était. Cependant, ici les notes sont indispensables pour comprendre l'histoire dans sa globalité. Lewis Caroll adore jouer avec les mots. Ces deux contes sont bourrés de jeux de langage, de satires et de détournements de mots/expressions/comptines anglaises de l'époque qui nous sont inconnues et pour lesquels il est parfaitement impossible de trouver l'équivalent français exact. D'où l'importance des notes.


À part ça, j'ai adoré Alice au pays des merveilles. L'histoire est très drôle (j'aime l'absurde, alors forcément) et la petite Alice est charmante. Elle se pose beaucoup de questions mais à posteriori. Sur l'instant, les évènements étranges qui lui arrivent semble rarement l'affoler, comme beaucoup d'enfants de son âge sans doute (notre monde réel est lui aussi extrêmement étrange en soi avec tous ses codes bizarres qui le régissent). Alice (je raccourcit le titre) c'est le monde de l'absurde et de l'étrange, mais un absurde qui a du sens étrangement (ouh, j'ai pondu une phrase pas mal là). De nombreux dialogues entre protagonistes qui vont dans ce sens sont savoureux. Ça interpelle et fait réfléchir sur notre conception toute faite du quotidien qui nous entoure.


Par contre, j'ai moins apprécié De l'autre côté du miroir. Autant Alice a été écrit sous le coup de l'impulsion créatrice, autant De l'autre côté du miroir a été pensé, structuré, réfléchit (le récit se déroule selon une partie d'échecs dont le schéma est donné au lecteur dès le départ). Et on le sent. Le côté "qui va dans tous les sens" (et dans tous les sens des termes) est ce qui rend Alice incroyable. Ici on perd cette fraîcheur, cette spontanéité et l'histoire de cette suite s'en trouve plus morne, sans réel intérêt. C'est dommage.


En bref, Alice au Pays des Merveilles est une histoire très intéressante à lire, et à relire. Tandis que De l'autre côté du miroir est plus accessoire, moins indispensable.


Extraits :

« Tout a une morale si l’on cherche bien. »


(Alice au Chapelier)
« Quelle drôle de montre ! Elle indique le jour du mois et elle n'indique pas l'heure !
- Pourquoi indiquerait-elle l'heure ? murmura le Chapelier. Est-ce que ta montre à toi t'indique l'année où l'on est ?
- Bien sûr que non », répondit Alice sans hésiter ; « mais c'est parce qu'elle reste dans la même année pendant très longtemps.
- Ce qui est exactement le cas de ma montre à moi », affirma le Chapelier.
»

(Le Mouchron à Alice) « - Et quels sont les insectes que tu as le bonheur de connaître dans le pays d'où tu viens ?
- Les insectes ne me procurent aucune espèce de bonheur parce qu'ils me font plutôt peur… du moins les gros… Mais je peux te dire le nom de quelques-uns d'entre eux.
- Je suppose qu'ils répondent quand on les appelle par leur nom ? demanda le Moucheron d'un ton négligent.
- Je ne les ai jamais vus faire cela.

- À quoi ça leur sert d'avoir un nom, s'ils ne répondent pas quand on les appelle ?
- Ça ne leur sert de rien, à eux, mais je suppose que c'est utile aux gens qui leur donnent des noms. Sans ça, pourquoi est-ce que les choses auraient un nom ? »

« Le Chapelier [...] se contenta de demander :
- « Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? »
- « Je crois que je peux deviner cela », ajouta-t-elle à haute voix.
- « Veux-tu dire que tu penses pouvoir trouver la réponse ? demanda le Lièvre de Mars.
- Exactement.
- En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses.
- Mais c'est ce que je fais », répondit Alice vivement. « Du moins... du moins... je pense ce que je dis... et c'est la même chose, n'est-ce pas ?
- Mais pas du tout ! s'exclama le Chapelier. C'est comme si tu disais : " Je vois ce que je mange ", c'est la même chose que : " Je mange ce que je vois ! "
- C'est comme si tu disais, reprit le Lièvre de Mars, que : " J'aime ce que j'ai ", c'est la même chose que : " J'ai ce que j'aime ! 
". »

Note sur ce dernier extrait. Si vous avez vu le tout dernier Alice au Pays des Merveilles, vous avez peut être du vous dire que Johnny Deep était péééééééénible à nous rabâcher TOUT le temps cette foutu devinette à la noix (heureusement le vrai Chapelier du livre n'est pas comme ça)(lui au moins a le bon goût de ne pas truster toute l'histoire), sans en dire l'explication. Cependant, inutile de vous triturer les méninges, la réponse est à la hauteur de l'auteur, et voilà ce qu'il en dit : « Parce qu'il peut produire quelques notes, encore qu'elles ne fussent rien moins que claires ; et parce qu'on ne le met jamais le derrière devant. » mais ajoute « Ceci, toutefois que réflexion faite ; la Devinette, telle qu'elle fut à l'origine inventée, n'avait pas de réponse du tout. » En fait, faut pas chercher quoi...

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Fanchon 16/05/2010 16:50



Pour ma part, j'ai lu ce livre il y a une dizaine d'années mais je ne m'en souvenais plus vraiment... Merci pour cette piqure de rappel en tout cas ! ^^


Biz et bonne fin de journée



Lou 15/05/2010 20:25



Je voulais relire Alice lu il y a déjà un certain temps mais pour l'instant j'ai lu "la chasse au Snark" et je préfère éviter une overdose de Carroll :)



Lulu 17/05/2010 00:35



Oui, point trop n'en faut. ^^



Alicia 15/05/2010 19:37



Ah d'accord! Je me disais bien aussi xD


Avec ma petite cervelle je dois vite faire mes billets avant que j'oublie de quoi parlait le livre lol



petite etoile sadique 15/05/2010 16:05



Cela fait longtemps que j'ai lu Alice au pays des merveilles. Les discussions sont si incroyables qu'elles ont de quoi ennervées ou rendre folles parfois. ^^


Mais je n'ai jamais lu de l'autre coté du Miroir



Alicia 15/05/2010 10:45



Ah!! Mais je pensais que tu l'avais déjà lu ! :O


Pareil que toi: j'ai moins aimé De l'autre côté du miroir :s



Lulu 15/05/2010 18:55



Je l'ai lu pour la sortie du film. C'est juste que j'ai "un peu" tendance à faire mes critiques de livres 3 mois après... -_-'. (c'est pas bien, je sais)