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The L Café

"Antigone" de Sophocle et "Crime et châtiment" de Dostoïevski

20 Mars 2010, 07:00am

Publié par Lulu

Long time ago, lors du bilan livresque de l'année 2009, on m'avait demandé de faire un article sur ces deux oeuvres que j'avais dû lire pour mes cours. Ainsi, en serveuse contentieuse, je m'exécute.


antigone-sophocle.gifAntigone, de Sophocle


Présentation de l'éditeur :
Du siècle de Périclès à celui de Néron, de Robert Garnier (1580) à Jean Anouilh (1944) et à Bertolt Brecht (1948), Antigone est restée vivante, actuelle, à travers les reprises et les adaptations. Cette édition commentée de la pièce originale tente de faire comprendre un succès si extraordinaire et de l'élargir au public contemporain. L'introduction analyse la nature de la tragédie grecque classique et situe la pièce de Sophocle dans cet ensemble de chefs-d'oeuvre fondateurs. Le texte, dans la traduction du grand helléniste Paul Mazon, reçoit une présentation et une annotation nouvelles destinées à faire sentir la construction et les harmoniques de l'oeuvre. Le commentaire est ensuite consacré à l'étude d'Antigone et de sa réception dans la littérature et la pensée occidentales.


Mon avis : La serveuse a toujours eu du mal avec les tragédies antiques. En effet, elle les mélange toutes. Quand on lui dit "Antigone" son esprit fait souvent un mixe avec "Phèdre". Et ne lui demandez surtout pas de quoi parle "Andromaque", car bien qu'étudiée plusieurs fois au collège/lycée, elle n'en a aucun souvenir.
Bref, autant dire qu'elle dû faire un effort de mémorisation intense pour mon partiel (surtout que les personnages n'ont pas du tout des noms compliqués, du tout).
La pièce est très courte, à peine une cinquantaine de pages (dans cette édition de poche la moitié du livre est constituée de commentaires et dossiers) et facilement disponible en folio à 2€ (pour ceux que ça intéresse). Antigone est certes une oeuvre majeure, mais elle est également intéressante pour comprendre le statut des femmes à l'époque antique (ce qui d'ailleurs tombait bien puisque parallèlement on étudiait cette période
en Art). De nos jours, la vision qu'on se fait de l'Antiquité est énormément enjolivée. Surtout avec l'image de la démocratie romaine, qu'on dresse comme un idéal. La réalité n'est pas si rose que ça, et en particulier pour les femmes. Et puisqu'un exemple vaut milles mots (vous faire un dessin me paraît difficile là tout de suite), prenons celui des amphithéâtres (dans lesquels se jouaient des pièces comme Antigone) : à l'époque, dans les gradins, les gens étaient réparties selon leur rang dans la société. Tout en bas (les meilleures places) se trouvaient les notables, chevaliers et vestales ; au centre les hommes libres ; et tout tout en haut (les places bien pourries) on mettait les femmes et les esclaves. Dans la Grece et la Rome antique, la présence de la femme dans le foyer était tolérée car indispensable pour faire des gosses (des fils, bien sûr), mais si les hommes avaient pu s'en passer, ils l'auraient fait. Regardez ce que pense Platon ou Aristote des femmes et ça vous fera un bon topo.
À part ça, si vous n'avez pas la foi, que les tournures de phrases de l'époque vous barbent mais que vous voulez quand même vous coucher moins bête (Antigone est la fille d'Oedipe, alors son nom revient souvent), de très bons résumés d'Antigone existent sur le web.

Note : les couvertures d'Antigone sont toujours affreuses. J'aurais bien voulu mettre celle-là, qui est très mignonne, mais n'aurait pas parlé à grand monde.



Crime-et-chatiment.jpgCrime et châtiment, de Dostoïevski

Présentation de l'éditeur :
A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d'argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu'il va faire bientôt - de manière crapuleuse.
Publié en huit livraisons par Le Messager russe au cours de l'année 1866, le roman de Dostoïevski montre en Raskolnikov un témoin de la misère, de l'alcoolisme et de la prostitution que l'auteur décrit sans voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l'est devenu, tant les raisons qu'il s'invente pour agir sont contradictoires. Mais la tragédie n'exclut pas la vision d'une vie lumineuse, et le châtiment de son crime va lui permettre un long cheminement vers la vérité, et la renonciation à sa mélancolie brutale. Après quoi sera possible ce que l'épilogue annonce : l'initiation de Raskolnikov à une réalité nouvelle, le passage d'un monde à un autre monde.


Mon avis : Crime et châtiment peut rebuter au premier abord par son côté "gros pavé de 650 pages" et son thème pas forcément des plus joyeux. En réalité ce livre se lit assez facilement et est passionnant.
À l'origine il a été publié en feuilleton pour un journal, ce qui explique ses fins de chapitres qui nous poussent inexorablement à lire la suite (bon la tension n'est pas à son paroxisme, mais on est curieux quand même). Le roman fonctionne un peu comme un policier à l'envers, ou à un grand épisode de Columbo, sauf que là on est dans la tête du héros. En effet, très vite on connaît le crime perpétré par le héros, Raskolnikov (eux aussi niveau noms hyper simples ils sont vernis), et ses circonstances. Seulement, le but n'est pas de prouver si il est coupable ou non, mais de suivre toute l'évolution psychologique du personnage au fil des jours et mois qui suivent l'évènement. Raskolnikov n'est pas un être vil à la base, seulement il sait très mal mentir et est influencé par les idées de son temps (celle d'une vision mathématique de la réalité). Durant toute la durée de l'enquête suivant le meurtre, il ne va cesser de douter, penser se dénoncer, se persuader du bien fondé de son acte, douter à nouveau etc. Bien sûr, moult personnages vont l'aider ou le soupçonner pendant ce temps là.
Crime et châtiment est un livre fort, qui fait réfléchir sur la société, les hommes qu'elle engendre, et leur possibilité de rédemption.

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Mademoiselle V 21/03/2010 22:48


C'est un livre que je veut lire mais c'est vrai que les 650 pages sur ce théme me décourage un peu et pourtant a en croire t'on avis je devrait peut etre me laisser tenter ^^je vais essayer de me
motiver !


Lulu 21/03/2010 22:57


C'est sûr qu'en plus, avec les beau jours qui arrivent (enfin!), ce n'est pas la lecture idéalement imaginée. Cependant, avec un temps de pluie ce n'est pas la joie non plus. Il faut trouver un
juste milieu. ^^


Alicia 21/03/2010 18:54


Il faut vraiment que je me mette aux romans russes!
J'ai plusieurs romans de Tolstoi dans ma bibliothèque aussi!
En tout cas tu me donnes vraiment envie de le lire!


petite etoile sadique 20/03/2010 15:11


Moi aussi je n'ai jamais compris pourquoi on s'efforçait à nous parler de cette maaaaagnifique démocartie dans l'antiquité puisque à part un ou deux votes (où les 3/4 de la population ne pouvait
voter) ce n'était pas vraiment une démocratie. Entre parenthèse: bonjour la démocratie où il y a encore de l'esclavage. -_-,


Lulu 20/03/2010 19:27


Exactement.
Maintenant, en ce qui concerne l'esclavage, le terme n'avait rien à voir avec celui qu'on entend de nos jours, avec l'épisode de traite des Noirs par exemple. Il y avait des lois qui régissaient le
statut des esclavages (tu ne pouvais pas faire n'importe quoi avec), les esclaves gagnaient de l'argent (certains étaient d'ailleurs très riches) et ils pouvaient acquérir le statut d'homme libre.
Après cela dépend de la période, des régions ou si c'était en ville ou à la campagne, bien sûr. Néanmoins, il faut comprendre la mentalité de l'époque. Pour les Anciens il y a avait des castes
naturels (on naissait noble ou esclave, un point c'est tout), les esclaves faisaient partie de l'ordre normal des choses. Comme la femme était considéré de "naturellement inférieure". Il était donc
tout à fait normal que l'esclave aide l'homme libre dans son quotidien, le commerce... Il n'y avait pas cette idée de domination malsaine et de prise de pouvoir sur un autre peuple. Cétait des
mentalités complétement diffèrentes. Bien sûr, je ne dit absolument pas qu'ils avaient raison d'agir ainsi, hein. Seulement, il est important de remettre les choses dans leur contexte.


Neph 20/03/2010 14:25


Dostoïeski, ce n'est pas ma tasse de thé, mais j'aime beaucoup les tragédies antiques, dans lesquelles on trouve un étalage de passions humaines, de vices, d'amour, de tragique... C'est violent et
beau :)