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The L Café

Kushiel, t1 : La Marque, de Jacqueline Carey

24 Avril 2010, 19:00pm

Publié par Lulu

kushiel1Présentation de l'éditeur :
Phèdre nô Delaunay a été vendue par sa mère alors qu'elle n'était qu'une enfant. Habitant désormais la demeure d'un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l'histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout... les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d'elle la plus convoitée des courtisanes... et une espionne précieuse. Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu'elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d'Ange, elle n'a d'autre choix que de passer à l'action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d'embûches, qu'il lui faudra mener jusqu'au bout pour sauver son peuple.


Mon avis : Les grands formats ce n'est jamais bien donné (ça se saurait)(je maudit Milady de sortir les nouveaux Anita Blake en grand). Chez Bragelonne ils sont encore plus rusés puisqu'ils sortent certains séries grand format en relier et en broché, avec des couvertures différentes (la broché étant beaucoup plus belle, bien entendu).
Je dois avouer que ça coûte la peau des miches mais on n'est pas volé : l'édition broché est sublime. Couverture rigide imitation cuir avec gaufrage doré sur la couverture pour la marque de Phèdre, très beau papier (ça change des éditions poches de certains ahah), ses 700 pages pesant bien lourd dans la main et faisant un bruit adorable lorsqu'on claque le livre en le fermant (j'aime le bruit des gros livres quand ils se ferment). Seulement tout ça (la belle couverture effet cuir en tout cas) on ne le devine pas sur les étagères car il y a la sur-couverture qui cache tout. Ok l'image choisi pour la sur-couverture est très belle, seulement c'est franchement dommage de recouvrir un livre si beau. Enfin bon. Je ne suis pas dans la tête des éditeurs.

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Revenons à l'histoire. La serveuse ne connaissait pas du tout la saga Kushiel jusqu'à ce qu'elle louche sur les belles couvertures (les éditions sous cellophane m'intrigues toujours, c'est plus fort que moi) et qu'une amie lui dise que c'était sympa. Il n'en a pas fallu plus.  
Ce qui marque le plus au fil de la lecture c'est le nombre de références culturelles présentes dans ce bouquin. Au début tu te dis "oh Machin comme LE Machin, c'est marrant dis donc" et tu te félicites toi même d'avoir trouvé la référence caché (c'est cool de se sentir moins bête). Et puis au bout d'un moment tu trouves que ça fait un peu beaucoup. Certes il est normal qu'un auteur créer son histoire en ce basant sur quelque chose de connu, mais quand c'est trop, c'est trop. Sur un les rabats de la sur-couv', l'auteur dit à propos du livre «Un roman historique contenant une histoire qui n'a jamais eu lieu». Mouais seulement les personnages eux par contre on les connaît bien. Voici quelques exemples concernant des noms de personnages principaux :
- Anafiel Delaunay (le maître de Phèdre), un visionnaire doté d'une grande culture mais rejetés par ses pairs. Delaunay = Robert Delaunay, peintre français de l'avant garde du XXe siècle, et notamment de l'abstraction non géométrique.
- Alcuin (l'autre élève de Delaunay avec Phèdre), extrêmement doué pour les études, parle un nombre incalculable de langues. Alcuin =  Alcuin d'York, tête pensante et conseillé de Charlemagne, à qui on a confié la traduction de la Vulgate de St Jérome.
- Le surnom de Delaunay étant jeune était Antinous, car il a vécu une courte passion avec un futur seigneur. Antinous = Antinoüs (prononcez "Antino-us"), le mignon et amant de l'empereur romain Hadrien, qui mourra "soit disant" en se suicidant par noyade dans le Nil avant d'atteindre les 20 ans. Devenu canon de beauté après sa mort, Hadrien l'éleva au rend de dieu et des cultes lui furent rendus un peu partout dans l'empire. (finalement mon court d'Art Antique grec m'aura servi au moins un fois dans ma vie, qui l'eût cru)
Et puis il y a aussi toute la cosmogonie, dont "Elua", le fils du Dieu unique, n'est pas du tout sans rappeler notre bon vieux Christ. Comme part hasard il s'agit d'un homme plein de bonté, qui, accompagné de ses 13 compagnons (comme c'est amusant !), délivre un message de paix et d'amour (là on nous ajoute un peu de Buddha en disant que là où ses pieds nus avaient marché des fleurs poussaient). L'un de ses compagnons, Marie-Madeleine Naamah est d'ailleurs une ancienne prostituée. Seulement voilà, ce bon Elua s'est fait avoir par les hommes : ces vilains l'ont (oh étonnement) monté sur une croix et ont percé son flan d'une lance...
Sans parler du coup de la Confrérie Cassaline, dont la coutume veut que les derniers des fratries seigneuriales y soient envoyés. Un peu (beaucoup) comme lors de notre bon vieux Moyen-Age pour les monastères quoi.
Bref, je ne vais pas tout énumérer mais au bout d'un moment ça soûle. Si j'ai envie de relire une partie de notre Histoire, je prends "L'Histoire pour les nuls" ou je tape les mots qui vont bien sur Wiki, mais au moins je sais pourquoi.

Sinon, à part ça. Il faut quand même parler du caractère un peu particulier de l'héroïne, Phèdre. Cette jeune fille est née avec la marque du dieu Kushiel dans son oeil : une tache rouge sang dans l'iris. Traduction : elle est maudite (hum, ce n'est pas le terme exact, mais c'est ce qui s'en rapproche le plus) et cette malédiction entraîne deux choses. Phèdre aura des compétences innées pour donner du plaisir, seulement elle-même ne pourra en ressentir que par la douleur. À cela s'ajoute le fait qu'elle est orpheline et qu'elle a été éduqué dans une Maison fonctionnant un peu (beaucoup)(là aussi) tel l'apprentissage des Geishas. Chez les geishas, les jeunes filles sont formées à divers savoirs (danse, chant, musique, conversation, cérémonie du thé etc) pour une clientèle aisée, et une fois prêtes elles travaillent un temps pour leur Maison afin de rembourser leur formation. Puis elles ont le choix entre rester ou devenir indépendante. Pour Phèdre c'est exactement ça (sauf qu'elle elle couche).
Donc en gros, si on résume tout ça en termes actuels : Phèdre est une pute de luxe masochiste (ben oui). Pourquoi pas après tout. Ça pimente l'histoire, huhuhu.

Seulement le souci est qu'à mesure que le récit avance, les scènes de coucheries se font de plus en plus rares (avec de moins en moins de détails). Devenant même, sur les derniers chapitres, un simple moyen pour arriver à leur fin ("Machin" ne veut pas les laisser passer, bon bah hop on envoie Phèdre et le tour est joué. Olalala, comme c'est inventif *ironie*). Pas que je sois friande de ce genre de scènes à ce point (sinon je me tournerais vers la section adéquate chez J'ai Lu), seulement, Phèdre sert un peu à rien quand la situation se passe de jour, n'est-ce pas. Bon j'exagère un peu, Phèdre a d'autres qualités... *hyper convaincue* Néanmoins en voilà encore une qui se fait attribuée le rôle de sauveur du monde alors qu'elle n'a rien demandé, doublé d'une chance de cocu par dessus le marché (comme Potter, pour ne pas le citer).

Franchement, heureusement que Joscelin est là ! Si le récit se suit c'est bien grâce à lui. J'adore les mecs qui tiennent tête aux héroïnes (et inversement). Imaginez la tête d'un prêtre bien coincé-bien croyant, avec un caractère bien trempé, apprenant qu'il va devoir protéger une poule de luxe. Il y a de quoi permettre moult scènes savoureuse, hihihi. L'ironie et le sarcasme ça met toujours du piment dans l'histoire et ça c'est bien.

Autrement, au niveau de l'intrigue, le micmac politique est assez difficile à comprendre au début. Surtout qu'il y a un nombre de protagonistes assez hallucinant ! Heureusement un index au début nous rappelle qui est qui (mais bon, même avec ça parfois je nageais dans le flou). L'histoire se suit assez bien et l'aventure est prenante.
L'auteur a cependant un peu trop tendance à placer des phrases du genre "Aujourd'hui je sais ; sur l'instant je n'en savais rien" partout. C'est un peu pénible ces phrases d'anticipation constamment, surtout pour moi qui ai une mémoire pourrie. Lorsque l'évènement en question arrivera j'aurai oublié depuis longtemps ce que l'héroïne avait dit.


En bref, ce premier tome est un peu compliqué au départ mais devient plus intéressant par la suite, notamment avec l'arrivée de Joscelin. C'est d'ailleurs pour lui que je compte lire la suite. Les complots politiques du royaume m'intéressant moyen et les références culturelles trop flagrantes pour être appréciées.

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naryann 17/11/2010 10:15



Hello, 


 


comme résumé détaillé !!!! 


J'ai moi aussi écris un résumé de ce livre, mais plus succint.... moi ce que j'ai trouvé le plus pénible, c'est surtout le début.. obligé de relire les 1er chapitres car je n'arrivais pas à
m'imerger.... Enfin, bon livre quand même ..


 


Mon résumé : http://id-lecture.over-blog.com/



Lulu 17/11/2010 17:50



On a beaucoup d'informations à digéré d'un coup, surtout au niveau de la politique du royaume, c'est assez complexe.



lumina 25/04/2010 00:23



Hum ta critique me laisse perplexe. La couverture est superbe est l'histoire a l'air toute fois prenante mais d'un autre côté, 700 pages pour relire de l'histoire .... en même temps rien que pour
le personnage masculin sa me donne envie d'essayer. HUuum je sens que je vais réserver ce livre pour ma liste de noël et attendre qu'on me l'offre ^^ 



Lulu 25/04/2010 00:29



C'est une bonne idée. Perso, c'est ce que j'ai fait pour ce tome (et ce que je ferai pour le prochain), ahahah. Je
mets toujours plein de pavés grands formats dans mes listes de noëls et anniversaires, comme ça si c'est moyen, c'est moins grave. Hihi. ^^