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The L Café

La Chambre claire : Note sur la photographie, de Roland Barthes

9 Novembre 2011, 18:58pm

Publié par Lulu

Note-sur-la-photographie.gifQuatrième de couverture :

« Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit : 'Vous nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils, n'est-ce pas une illusion ?'. Et Marpa répondit : 'Certes, mais la mort de mon fils est une super-illusion. »

Pratique de la voie tibétaine.

 

 

Mon avis : Après L'Empire des signes, je voulais lire un autre ouvrage de Roland Barthes. Dans la série "allions l'utile à l'agréable", il s'est trouvé que mon prof d'Histoire de la Photographie ce semestre cite souvent La Chambre claire au fil de ses cours. La vie est bien faite.

C'est toujours aussi agréable de lire Barthes. J'adore la manière dont il expose son propos très simplement, de façon naturelle, comme dans une conversation tranquille. C'est apaisant et très agréable à la lecture. Le livre se découpe en deux parties : dans la première il tente une théorisation de la photographie, et dans la seconde l'approche de manière plus intime, plus sensible (avec une photo de sa mère). Tout est très intéressant et régulièrement illustré par des photos choisies par lui-même.

 

En bref, une très bonne lecture et ce même si vous n'êtes pas un(e) photographe accompli(e).

 

 

Extraits :

« Si l'on excepte le domaine de la Publicité, où le sens ne doit être clair et distinct qu'en raison de sa nature mercantile, la sémiologie de la Photographie est donc limitée aux performances admirables de quelques portraitistes. Pour le reste, pour le tout-venant des « bonnes » photos, tout ce qu'on peut dire de mieux, c'est que l'objet parle, il induit, vaguement, à penser. Et encore : même cela risque d'être senti comme dangereux. A la limite, point de sens du tout, c'est plus sûr : les rédacteurs de Life refusèrent les photos de Kertész, à son arrivée aux États-Unis, en 1937, parce que, dirent-ils, ses images « parlaient trop » ; elles faisaient réfléchir, suggéraient un sens - un autre que la lettre. Au fond la Photographie est subversive, non lorsqu'elle effraie, révulse ou même stigmatique, mais lorsqu'elle est pensive. » p.65

 

« Lorsqu'on définit la Photo comme une image immobile, cela ne veut pas dire seulement que les personnages qu'elle représente ne bougent pas ; cela veut dire qu'ils ne sortent pas : ils sont anesthésiés et fichés, comme des papillons. » p.90

 

« Je suis le repère de toute photographie, et c'est en cela qu'elle m'induit à m'étonner, en m'adressant la question fondamentale : pourquoi est-ce que je vis ici et maintenant ? Certes, plus qu'un autre art, la Photographie pose une présence immédiate au monde - une co-présence ; mais cette présence n'est pas seulement d'ordre politique (« participer par l'image aux évènements contemporains »), elle est aussi d'ordre métaphysique. » p.131

 

« Au fond, une photo ressemble à n'importe qui, sauf à celui qu'elle représente. Car la ressemblance renvoie à l'identité du sujet, chose dérisoire, purement civile, pénale même ; elle le donne « en tant que lui-même », alors que je veux un sujet « tel qu'en lui-même ». La ressemblance me laisse insatisfait, et comme sceptique [...]. » p.160

 

 

Du même auteur :

L'Empire des signes

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Cachou 06/12/2011 10:44


C'est avec ce livre que j'ai découvert (et adoré) Barthes. On devait le lire pour le cours d'histoire de la photo.

Lulu 06/12/2011 18:07



Propose le au prof. ^^