Mercredi 21 avril 2010
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22:30
Présentation de l'éditeur :
À 42 ans, Maria tombe enceinte d'un homme qui a traversé sa vie presque sans faire de bruit et
disparaît à la première échographie. Elle vit à Naples et enseigne l’italien en cours du soir à des adultes qui ont besoin du brevet pour avancer dans leur vie. Elle
accouche au début du 6e mois d’une petite fille qui est immédiatement transférée aux soins intensifs néonatals.
Aux questions que la mère pose pour savoir ce qu'il adviendra, si la petite survivra, les médecins n'ont aucune réponse à donner. Seul le temps le lui dira. Et, pendant cinquante
jours, derrière le hublot de la couveuse, Maria observe sa fille pour comprendre si elle est en train de mourir ou de naître. Autour d'elle, un monde étrange, les banquettes de la salle
d’attente et les machines du service de néonatologie, les médecins, les infirmières, les autres mères. Un peu plus loin, l’école et sa faune déréglée qui essaie tant bien que mal de jouer les
bons élèves. Enfin, à l'arrière-plan, Naples, une ville qui est pour Maria tantôt la meilleure des compagnies, tantôt le pire obstacle.
Le style de Valeria Parrella s'impose d'emblée : écriture rapide et allusive, concision et expressivité dans les dialogues, et une émotion particulière qui étreint tout au long du récit. Cette
tranche de vie d’un néoréalisme nouvelle vague a un charme indubitable.
Mon avis : Ce petit livre très court (150 pages écrit gros) se lit très vite (même si moi à cause des révisions de partiels j'ai mis 2 semaines -_-") et nous dépeint le portrait d'une femme qui doit faire face seule aux doutes,
l'inquiétude, le désespoir, la colère et parfois l'espoir rencontré lors de cette attente qui ne semble jamais finir. Savoir si sa fille vivra, si elle arrivera à respirer seule, si elle n'aura
pas de séquelles... Certes, elle n'est pas totalement seule, seulement avec les autres mamans du service un accord tacite est déclaré sur certains sujets, et au bout d'un moment les amis arrêtent
d'appeler, redoutants de poser les questions fatidiques.
Ici pas de pathos superflu, pas de surenchère pour augmenter les actions de chez Kleenex. Juste la réalité bien réelle face à l'incertitude. L'incertitude qui bouffe la vie.
Malgré les apparences il s'agit d'un livre rempli d'espoir, même si le chemin pour y parvenir n'est pas toujours facile.
Un livre très juste, sans chichi, qui marque par son sujet, et en dit juste ce qu'il faut.
Merci à Suzanne de Chez les Filles pour ce
livre.
Extraits :
« Attendre n'est pas mon fort. Attendre sans savoir a été la plus grande incapacité de ma vie. »
(le médecin à Maria) « "- Nous ferons une nouvelle échographie dans quinze jours.
- D'accord, mais d'ici là, que comptez-vous faire ?
- Attendre.
- Ça, je peux le faire moi aussi.
- Vous pouvez espérer, madame.
- Écoutez, à chacun son travail, faites le vôtre. Moi je fais le mien. Et laissons le sien au prêtre.
- À présent, vous nous détestez, c'est normal.
- Non, ce n'est pas de ça qu'il s'agit : il faut que vous appreniez à parler de ce que vous connaissez. Détester, espérer, c'est quoi ces mots ? Enfin, un peu de sérieux. Faites
l'efforts d'en rester aux mots de votre métier. Quand c'est la cas - docteur, excusez-moi si je pleure, ce n'est pas une raison pour penser que ce que je dis est moins vrai, et vous tous ici,
excusez-moi si je pleure -, quand vous employez votre vocabulaire, qu'on dit spécialisé, là vous n'êtes jamais ridicule."
Le jeune toubib regardait ailleurs. Je sentais ses yeux bleus se perdre dans les aiguilles des pins par la fenêtre.
"Je voulais vous dire que nous ignorons beaucoup de choses. Qu'il est trop tôt, qu'il y a une marge d'incertitude : comme si je vous parlais d'une chambre vide, où nous ignorons ce qui va se
passer.
- Je vois, bon travail." »
Par Lulu
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Publié dans : Livres décaféinés
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