Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 17:50
Adele-Blanc-Sec.jpgEn cette année 1912, Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste écrivaine (changement by La serveuse) intrépide, est prête à tout pour arriver à ses fins, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec des momies en tout genre. Au même moment à Paris, c'est la panique ! Un œuf de ptérodactyle, vieux de 136 millions d'années, a mystérieusement éclos sur une étagère du Jardin des Plantes, et l'oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Pas de quoi déstabiliser Adèle Blanc-Sec, dont les aventures révèlent bien d'autres surprises extraordinaires...


Mon avis : Adapter cette série de Jaques Tardi n'est pas chose facile. On s'attaque à un style graphique très particulier et à un univers qui l'est d'autant plus, très sombre, souvent lugubre, mais toujours tinté d'humour (noir, cynique et surtout ironique). L'autre difficulté réside dans le fait qu'il s'agisse d'une BD. Contrairement au roman dont on dit constamment qu'il aurait fallu des films de 3h afin de pouvoir tout caser, un album de 48 pages ne suffit pas à faire un film. Fort heureusement la série des Adèle compte 9 volumes. Oui mais ces 9 opus, bien que muent par une suite logique, content à chaque fois des aventures bien différentes.
Enfin, Adèle fait partie des BD cultes de la serveuse. Lue quand elle était gosse, Adèle vaut à ses yeux autant qu'un Thorgal ou un XIII (tous lu à la même époque d'ailleurs)(ceci explique sans doute cela), autrement dit : on n'y touche pas, ahah. Cependant, en prévision de ce film, la serveuse n'a pas relu la série exprès, pour ne pas démolir le film à la moindre occasion (les éléments qui lui restent en mémoire suffisent bien largement, huhuhu). D'autant que lorsqu'elle a su que la série allait être adaptée, la serveuse à fait "Youpiiiiiiiii !!!", mais quand elle a vu que c'était Besson aux commandes ce fut "Et merde !", et puis à l'annonce de miss Bourgoin pour le rôle d'Adèle : "Ben on n'est pas rendu". Ce film allait devoir être sacrément convaincant.
Bien, ceci dit, commençons.

Adele-Blanc-Sec1.jpgPour les personnages à l'allure on ne peut plus bizarre, le film s'en sort bien, laissant quand même aux acteurs un visage humain (ce qui n'est pas toujours le cas dans la BD, ahah) mais aux caractéristiques reconnaissables (l'inspecteur Caponi avec son double menton, ou les deux plus étranges : Dieuleveult et Espérandieu, dont la physionomie si particulière ne peut que sortir de l'imagination de Tardi, ahahah). On sent qu'un soin tout particulier a été apporté aux décors, avec de très belles séquences diurnes comme nocturnes d'un Paris de la Belle Époque magnifiquement reconstitué.
Un seul détail me chagrine : où est Lyon dans tout ça ? Je ne veux pas faire mon office du tourisme, mais une partie de l'histoire d'"Adèle et la Bête" se passe à Lyon. Et oui. C'est depuis cette ville que le professeur Espérandieu contrôle le dino', et non depuis la Place des Pyramides à Paris (le professeur et Adèle ne se sont donc jamais rencontrés dans la BD, désolé). J'aurais adoré voir Lyon dans les années 1912 moi...

Afin de gonfler le scénario du tome 1 qu'est "Adèle est la bête", Besson l'a mixé avec le tome 4 (logique), "Momies en folie". Et pour lier le tout, on ajoute une soeur à Adèle, qu'il faut absolument ressusciter. Parce qu'un héros avec des sentiments c'est mieux (si il n'y a pas la séance émotion dans un film à gros budget, ça ne va pas, c'est bien connu). Du coup on a à faire à un gros méli-mélo auquel on ajoute de tout et n'importe quoi, où le BD ne sert que de trame très fine à l'histoire (et même si je n'ai pas relu les albums depuis 10 ans ce n'est pas bien difficile à deviner).

Adele-Blanc-Sec4.jpgÀ nouveau on a devant nous un Besson "marketing power", mélangeant dans son film tout ce qui marche actuellement. Ça va de l'intro du film tellement copiée sur Jeunet que s'en est écoeurant (et hop de la voix off qui te raconte que machin, personnage très secondaire du film, ne sait pas encore que 250 mètres plus loin, rue bidule chose - là, avance rapide des rues - un évènement crutial va se produire, et nous raconte des détails inutiles sur les personnages)(on a éviter le filtre sépia, sinon ça faisait trop plagia), sans parler du Paris carte postal qui nous faire sentir que le film a été pensé dans une optique de potentielle exportation outre Atlantique, puis on a le coup de "moi aussi je sais monter sur un dinosaure ailé" comme le schtroumpf d'Avatar (ça c'était vraiment la scène de trop, surtout que les effets spéciaux n'étaient pas toujours top, loin de là)(le coup du flou ça va deux minutes), en passant par la momie qui fait une chorégraphie et un humour à la C-3PO, et puis bien sûr une Adèle qui se prend pour Indiana Jones.
Ce qu'il faut savoir sur Adèle Blanc-Sec (outre le fait qu'elle n'écoute jamais son éditeur, n'est-ce pas)(dixit la voix off en début de film), c'est que ce n'est pas du tout une aventurière dans l'âme. On pourrait même dire qu'elle est poissarde en fait. Elle ne demande qu'à écrire ses feuilletons tranquille, seulement les ennuis savent toujours où la trouver. VDM quoi.

Adele-Blanc-Sec2.jpgSinon, pour parler de celle qui incarne notre chère héroïne, autrement dit Louise Bourgoin, j'avoue qu'elle fait une Adèle acceptable (un très bon point venant de la serveuse). Le choix de l'actrice est résolument marketing connaissant Besson, il ne faut pas se leurrer, mais elle ne s'en sort pas trop mal. Les costumes sont bien sûr à la hauteur et on bave sur ses tenues (bien que souvent trop luxuriantes pour une simple écrivaine de feuilletons)(je sais je suis pénible). On peut cependant regretter que son nez soit à l'opposé de celui de son homonyme papier (certes, elle n'y peut rien si Tardi a fait Adèle avec un petit nez concave, mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'héroïne), ou que ses blagues tombent invariablement à l'eau 9 fois sur 10.
C'est bien joli de vouloir faire de l'humour, seulement le souci est qu'il y a aucun écho de la part des autres personnages du film. Louise lance sa blague avec un grand sourire, et puis basta. On a un peu l'impression qu'elle brasse du vent. Et si je voulais faire (vraiment) ma pointilleuse de service qui aime trouver la petite bête (j'assume), je dirais même que contrairement à Louise, normalement Adèle est le cynisme même. Elle ne décroche jamais un sourire et envoie bouler constamment les gens avec des remarques ironiques au possible. Tout est dans le second degré. Ce qui n'est bien sûr pas le cas dans ce film.
Bon, je vais terminer là ma critique car elle commence légèrement à prendre des allures de pavé (lecteur, si tu es arrivé jusqu'ici, je te félicite).


En bref, ce premier opus des Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec est divertissant et fait agréablement passer le temps. Cependant il ne marquera pas les esprits et est oubliable sans aucun regret.

Une suite est bien sûr prévue (la fin trèèèèès ouverte nous le laisse bien entendre)(le coup du gros bateau est d'ailleurs risible à souhait cela dit en passant), EuropaCorp aillant signé pour 4 films.
Par Lulu - Publié dans : Bobine de films
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