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The L Café

Les belles choses que porte le ciel, de Dinaw Mengestu

8 Décembre 2009, 17:15pm

Publié par Lulu

Présentation de l'éditeur :
« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »
Avec ce premier roman brillant et sensible, Dinaw Mengestu, jeune écrivain américain d’origine éthiopienne, s’impose d’emblée comme un auteur majeur. L’exil, le déracinement sont au cœur de ce roman qui révèle un extraordinaire talent d’écriture et une maturité singulière.
Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques. Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères. Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire…


Mon avis : Tout d'abord, merci à Suzanne de Chez les filles pour l'envoie de ce livre. C'est un peu la course en ce moment (partiels obligent), mais entre deux rames de métro on trouve toujours trois minutes ici et là pour lire quelques lignes (enfin on essaye).
Nous suivons le quotidien morne et routinier de Sépha, occupé à tenir sa petite épicerie de quartier (qu'il ouvre à des heures de moins en moins régulières), et à boire un verre avec ses amis Joseph et Kenneth une fois le rideau de fer fermé. Des conversations emplies d'amertume, de regrets et d'espoirs perdus. L'arrivée de Judith et de sa fille Noémie dans le voisinnage va changer la donne et remettre les choses en mouvement. Ne penser pas tout de suite qu'il y aura un beau et mielleux happy end, c'est plus intéressant que ça. Ces deux personnages féminins vont à leur façon permettre à Stéphanos de faire le point sur sa situation, dans tous les sens que ce soit, et aller de l'avant. Le quotidien est le quotidien, cepedant différent selon l'angle du prisme par lequel on le regarde.
Un roman intéressant, parcouru de certaines longueurs (notamment lors des pérégrinations de Stéphanos par delà la place du général Logan), mais évoquant beaucoup de sujets, tels que la situation politique catastrophique en Afrique durant les dernières décénnies, ou plus l'argement de l'exil, la solitude, sa place part rapport à une société etc. Bref, une bien bonne lecture.


Extraits :

« Judith me remercia pour ma gentillesse et ma compréhension, avant de quitter la boutique. Elle utilisait ces mots avec une grande facilité, “gentillesse et compréhension”. Elle hésita un instant sur le seuil, puis se ravisa et oublia ce qu’elle avait compté dire ou faire. Je la regardai par la vitrine, traverser la place et repartir chez elle. »

« Que disait toujours mon père, déjà ? Qu’un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes. Père, j’aimerais ajouter mon propre adage à ta liste : un homme coincé entre deux monde vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »

Stéphanos à Noémie : « - Tu sais, les enfants ne devraient pas parler comme ça, lui dis-je un jour.
Elle haussa les épaules, en baissant les yeux d'une façon qu'elle semblait avoir répétée.
- Je sais, dit-elle. Mais je ne suis pas une enfant.
- Tu es quoi, alors ?
- Je suis une adulte.
- Tu as onze ans.
- Et toi, tu as quel âge ?
- Beaucoup plus.
- Et alors, tu veux prouver quoi ? Que je dois être stupide jusqu'à ce que je sois beaucoup plus vieille ?
- Exactement. Pourquoi crois-tu que les gens aiment autant les enfants ?
»

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Alicia 12/12/2009 18:11


Oh tes partiels sont en ce moment? Courage!!!