Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
The L Café

Soit belle et tais toi pour voir

5 Avril 2010, 02:11am

Publié par Lulu

20090305014657.jpgIntérronpons un instant notre série Go Go Cinéma Man (ah nan, je me suis trompée de titre*), pour relayer une information de taille vu chez Cachou. Tadadadaaaa *jingle Flash Info*.
En effet, le monde des blogs n'est pas rose et parfois certain(e)s blogeur(se), qui postent correctement leur article sans embêter personne, voit ce genre d'incident leur tomber sur le coin de le tête.
Et là, c'est du lourd quand même. Je dirais même plus (mon cher Dupont), c'est à la fois effrayant et hallucinant.

Le 22 mars dernier, Cynthia postait un avis sur le livre "Papoua" de Jean-Claude Derey, reçu dans le cadre d'un partenariat mystère (vous envoyant des livres sans vous en dire le contenu). Bien que de bonne volonté, mais voyant que le récit ne correspondait pas à ses goûts, elle décide d'abandonner la lecture après 200 pages (ce qui est déjà pas mal) et d'en faire la critique sur son blog. Un avis simple, construit avec humour, et exemples à l'appui. Bref, rien de bien méchant.

Cependant, quelle n'est pas sa surprise lorsqu'elle reçoit un mail de l'auteur ce 1er avril. On aurait pu croire à une belle farce en bonne et du forme (le jour s'y prêtait à merveille). Surtout que le monsieur est "quelque peu" virulent dans ses propos. Il s'est forcément trompé... En réalité, l'auteur n'avait manifestement pas apprécié qu'on puisse dire du mal de son dernier opus et s'est permis d'insulter la lectrice bien comme il faut. Avec les formes et une ironie grande comme la Tour Eiffel, certes, néanmoins le mot "pétasse" est quand même sortit au passage. (c'est facile de s'excuser après coup, ça ne coûte rien, mais le mal est fait quand même)
Comble du comble ce n'est pas un, mais trois mails qui lui seront envoyés en l'espace d'une heure, ainsi qu'un quatrième quelques heures après. Et ce dernier disait ceci :



« De l'avis unanime de mes amis journalistes qui ont parcouru vos "critiques": "une débile frustrée, qui ferait mieux de s'orienter vers le repassage." Désolant, non ? Moi, j'ai été moins virulent: vous n'existez pas comme être humain et comme critique ? Vous avez devant vous de beaux jours de famine.
Lisez donc la collection Harlequin, au dessus de vos moyens intellectuels mais qui devrait vous satisfaire. »


20090702190159.jpgÉdifiant n'est-ce pas ? C'est tellement petit et puéril que ces propos m'ont fait rire (c'est dire). Il est quand même assez incroyable qu'un auteur (qui n'en est pas à son premier ouvrage au vu de sa page wiki) puisse avoir de telles réactions. Puisque ses amis journalistes et sa famille aiment tant ses livres, pourquoi s'abaisse-t-il à en publier pour le bas peuple, ou pire, pour nous, pauvres femmes débiles que nous sommes ? C'est à n'y rien comprendre...

Tiens, ça me fait penser à un passage de La Reine des lectrices d'Alan Bennett :
« Elle en tira la conclusion qu'il valait mieux rencontrer les auteurs dans les pages de leurs livres, puisqu'ils vivaient sans doute autant dans l'imagination de leurs lecteurs que leurs personnages. La plupart n'avaient d'ailleurs pas l'air de trouver qu'on leur faisait une faveur particulière en lisant leurs ouvrages, estimant au contraire que c'étaient eux qui en faisaient une au public, en les écrivant. »


Sur ce, la serveuse note dans un coin de sa tête de ne jamais déverser UN centime pour ce misogyne et pédant personnage qu'est Jean-Claude Derey, et vous invite à faire passer l'info.
Puis, en bonne femme avec 3 de QI qu'elle est, une fois qu'elle aura fini d'apporter un peu plus d'oxygène à cette planète en rempotant sa bouture de fuchsia, elle ira faire marcher l'industrie du livre qui LE fait bouffer en s'achetant un beau livre, histoire d'oublier que ce genre d'énergumènes existe.




EDIT : Encore plus fort (et oui, ce n'est pas fini), suite à ces évènements l'éditeur lui-même à envoyé un mail à Cynthia (ohohoh !). Alors cet éditeur est tout gentil, il s'exprime en terme soft et diplomatiques, regrettant l'attitude de son auteur. C'est bien (en même temps il a un peu fait une grosse boulette le J-C). Cependant, qu'elle n'est pas notre surprise de lire à la suite de ces excuses, une réédite des dires de l'auteur en question.
En effet, le gentil monsieur se plaît à déformer les propos de Cynthia (disant qu'elle a qualifié l'auteur de "mauvais", ce qui est faux, il a toujours été question du livre - qui ne correspondait pas à ses goûts c'est tout - et non de l'auteur, nuance) ; et d'avancer que les critiques littéraires et prix du jury font loi, donc elle, pauvre blogeuse de base, franchement pour qui elle se prend pour prétendre pouvoir émettre un avis sur un livre. Ces messieurs ont dit qu'il était bon, il a reçu le prix machin, alors c'est forcément un bon livre (lolilol, c'est cela oui)(les prix c'est comme les labels pour les fromages, ça sert d'abord un but purement marketing).
Pour finir (je résume) l'éditeur se dit "consterné" par l'avis de la lectrice, disant que puisqu'elle a un rôle de prescripteur par le media internet, elle devrait oublier son éthique, sa morale, son opinion et son libre arbitre afin de vendre les oeuvres à tout prix et non les descendre. C'est bien connu.*ironie inside*
En gros : nous (éditeurs-critiques-auteurs) on "sait", alors toi pauvre petite chose misérable a qui on daigne, dans notre grande mansuétude, donner des livres, dit "ave" et va prêcher notre bonne parole. Tu n'a pas besoin de penser, nous le faisons pour toi. (tiens ça me rappelle quelque chose...)
(email visible entièrement ici)
Franchement on marche sur la tête. C'est hallucinant mais ça démontre que ce système de pensée a encore cours dans nos sociétés bien pensantes. Sérieux, ça fait peur.




*Ref à la chanson "Go Go Cactus Man" de la b.o. de Cowboy Bebop (la serveuse adore cette chanson).

Commenter cet article

Cynthia 09/04/2010 20:56



Ah mais au contraire, tout est rose dans le monde de la blogosphère, on y lit des Harlequin, on discute chiffons et tout et tout ^^


Merci de ton billet Lulu ;)



Lulu 11/04/2010 16:37



Mais de rien, c'est normal. ^^



Cherry 07/04/2010 18:38



:o Je viens de lire les posts de Cynthia (blog que je viens de découvrir par la même occas') après avoir lu le tien... et franchement je pensais n'être plus choquée de rien (on trouve de tout sur
internet...) mais alors là... On ne peut même plus donner un avis personnel sans se faire lyncher, c'est affligeant. Puis l'éditeur qui fait passer son mails pour des excuses alors
qu'ils se souci juste de la publicité -_-' C'est nul à chier. On aura vraiment tout vu.


En tout cas il est bien dans la merde le monsieur vu comme cette info à tournée xD Mouhaha il va s'en mordre les doigts cet "abrutis" x) (et encore je reste polie, je n'ai pas envie de me mettre
à son niveau, qui est déjà bien bas :s)



Lulu 07/04/2010 19:13



En même temps, je pense que c'est l'éditeur le plus idiot des deux: au lieu de couper court et faire profil bas, il n'a fait que mettre de l'eau au moulin, entrainant avec lui la maison d'édition
toute entière. Ce n'est franchement pas malin (et ça se dit professionnel, alalala). ^^



Ashtray-girl 07/04/2010 17:49



Je viens de voir ça chez Shopgirl, puis chez Cachou, et enfin chez Cynthia... Je suis consternée. C'est d'une puérilité affligeante pour quelqu'un qui se dit cultivé.


J'ai rejoint le groupe de soutient à Cynthia sur fesse-bouc...



Batman 06/04/2010 21:40



Choooooooooooooooooooque!



coco 06/04/2010 20:18



est-on vraiment sur que c'est bien l'auteur du livre qui a envoyé les mails?



Lulu 06/04/2010 20:32



Euh, ce serait un peu bizarre qu'un mec qui se fasse passer pour l'auteur et s'amuse à envoyer des mails en son nom. Les bloggeurs ont parfois à faire à des détracteurs, mais généralement ils
déversent leur verve en restant anonyme (c'est tellement plus pratique). Et puis quand tu reçois un mail, tu peux voir qui est l'expéditeur.
De plus, vu que l'éditeur à lui aussi mis son grain de sel dans l'histoire, si c'était un fake eux ils le sauraient et auraient nié les mails (c'est quand même l'image de l'auteur et des éditions
Alphée qui est ternie par cet incident).