Mercredi 11 novembre 2009
Un village protestant
de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs
familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif.
Qui se cache derrière tout cela ?Mon avis : Yeh, je suis enfin arrivée à voir un film à la palme d'or au cinéma ! Il faut dire que ces films sont rarement grand public et donc restent très peu de temps à l'affiche (enfin pour mon ciné à côté de chez moi en tous cas c'est ça). Deux semaines grand maximum. Et presque tous les ans je me fais avoir.
Je n'avais pas lu le spitch, je savais qu'il passait en vo (youpi) mais pas que ce serait de l'allemand sous-titré (pas youpi, l'allemand et moi on est fâchés voyez-vous). Donc surprise surprise.
Au début la voix off d'un vieux monsieur nous explique qu'il va nous raconter un épisode de sa vie qui l'a marqué. Mais on ne sais pas vraiment qui il est. Dans son petit village perdu dans la campagne allemande, alors que la vie menait son cours, des incidents inhabituels vont se produire. En commençant par la chute du médecin du village : il revenait à vive allure sur son cheval et ce dernier se pris les jambes dans une fine corde tendue en travers du chemin (qui n'était pas là avant et qui disparut juste après), le faisant violemment chuter lui et son cavalier. Le médecin va devoir être emmené à l'hôpital quelques villages plus loin, et le cheval abattu car incapable de se relever. On ne comprend pas les motifs apparents d'un tel acte, et impossible de trouver le moindre indice...
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas d'un film policier. Seulement, ces incidents seront l'occasion de mettre à jour certaines évènements et situations se déroulant dans ce village.
Au début, rentrer dans le film n'est pas très aisé. Beaucoup de faits nous sont cités, moult personnages et familles présentés... Surtout que les enfants se ressemblent tous énormément, il est facile de les confondre. Cependant, l'histoire étant bien ficelée, ces hésitations s'estompent vite.
On se sort pas tout à fait indemne de ce genre de film. Il vous hante encore quelques jours après. Parce qu'il est dur et surtout parce qu'il est vrai. Michael Haneke arrive parfaitement à reproduire cette ambiance qu'on trouvait dans les campagnes rurales au début du siècle, victime de leurs étroitesses d'esprit, rongée par la malveillance, l'envie, la bêtise, la brutalité, les menaces et les vengeances perverses. Tout cela grâce à un noir et blanc implacable, sans musique de fond, au gré de séquences funestes et funèbres décrites par une image aux contrastes assourdis, avec des intérieurs crépusculaires où se déploient les rigueurs de la terrible autorité familiale et religieuse au fil de coutumes et d'usages que l'on espère révolus et que le réalisateur transmet avec un brio et virtuosité.
Sans oublier les acteurs, des inconnus globalement, pourtant tous impeccables du début à la fin, d'une maîtrise et d'une justesse impressionnante. Les enfants y compris.
La fin ne nous dévoile pas toutes les clés du mystère. Comme dans la réalité, certains faits ne sont jamais résolus et les secrets persistent. Au spectateur de se faire sa propre opinion sur la nature des méfaits et leurs responsables.
Le ruban blanc est un film terrible, cruel, fascinant pourtant par cette vision d'une humanité qu'on tend trop vite à oublier. Une palme d'or amplement méritée.












Jean est quelqu'un de
bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son
fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d'un monde différent. Ils vont être dépassés par l'évidence des sentiments.





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